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Relation historique du voyage, Tome III

Alexander von Humboldt. Relation historique du voyage, Tome III. 1825.

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Relation historique du voyage, Tome IIIAlexander von Humboldt, 1825
Productions. — Lorsqu'on embrasse d'un coup d'oeil le sol du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade, on reconnoît qu'aucun autre pays de l'Amérique espagnole ne fournit au commerce une telle variété et une telle richesse de pro- ductions du règne végétal. En ajoutant les récoltes de la province de Caracas à celles de Guayaquil , on trouve que la République de Coloml)ia offre à elle seule presque tout le cacao dont l'Europe a besoin annuellement. C'est cette même union du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade qui a placé entre les mains d'un seul peuple la majeure partie du quinquina qu'exporte le Nouveau- Continent. Les montagnes tempérées de Merida , de Santa-Fe , de Popayan , de Quito et de Loxa produisent les plus belles qualités de l'écorce fébrifuge que l'on 1 Ces deux intendances ont cependant ensemble aussi 552o 1. c. d'étendue, et une population relative de 5o8 d'habitans par lieue carrée marine. Relation historique , Tom. III. '* qS tIVRE IX.
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Quinquina. Le Cuspare ou Cortae Angosturœ de Carony, faussement appelé quinquina de l'Orénoque, a été rendu célèbre par l'industrie des moines Capucins-Catalans. Ce n'est pas une Rubiacée comme le Cinchona, mais une plante de la famille des Diosmées ou Rutacées. Jusqu'à présent ce végétal précieux n'est exporté que delà Guyane espagnole, quoiqu'il se trouve aussi à Cayenne. (Tom. Il, p. 172.) Nous Ignorons encore à quel genre appartient le Cuspa ou quinquina de Cumana, mais ses propriétés éminem- ment fébrifuges pourront en faire un objet de commerce important. (Vol. I, p. 366.) De belles espèces de vrai quinquina ( CzwcAojjte, corotlis hirsutis), communes dans la Nouvelle-Grenade , ont été découvertes dans la partie occidentale du Venezuela. On recueille l'écorce fébrifuge du quinquina {buenus quinas ' Tom. Il, p. 125. ' Tom. II, p. 567, 591. 102 LIVRE IX.
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ou cascarillas) sur l'une et l'autre pente de la Sierra Nevada de Merida, dans le chemin de Varinas vlejas au Paramo de Mucucliies, appelô chemin de Los Callejones, un peu au-dessus du ravin de Lavellaca, comme aussi entre \iscucuy et la ville de Merida ^ Ce sont jusqu'ici de tous les véritables quinquinas (Cichonae't ceux que l'on a trouvés le plus à l'est dans l'Amérique méridionale. On ne connoît encore aucune espèce de Cinchona, pas même du genre voisin Exosteraa, ni dans les montagnes de la .SiUa de Caracas, où végètent des Bcfaria , des Aralia, des Thibaudia et d'autres arbustes alpins des Cordillères de la Nouvelle- Grenade, ni dans les montagnes du Tuniiriquiri, de Caripe et de la Guyane françoise ^. Cette absence totale des genres Cinchona et Exostcma sur le plateau du Mexique et dans les régions orientales de l'Amé- rique du Sud, au nord de l'équateur (si toutefois elle est aussi ;djsolue qu'elle le paroît jusqu'à ce jour) , surprend d'autant plus, que les îles Antilles ne manquent pas de quinquina ù corolles lisses et à étamines saillantes. Dans l'hémisplière austral , les parties tempérées du Brésil n'ont aussi oUert jusqu'ici aux botanistes voyageurs que très-peu d'espèces de véritable Cinchona, genre que sou fruit sépare d'une manière tranchée des Macrocnemum. D'après la belle découverte de M. Auguste de Saint-Hilaire, le Cinchona ferruginea se trouve dans les régions tempérées de la Capitainerie de Minas-Geraes où on l'emploie sous la dénomination de quina du serra.
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rance , tantôt le cap de Horn ; mais comme à la fin de ce Ion;» voyage ils touchent constamment à Canton , ils retournent aux ttals-Lnis par IVitrémité australe de rAfri(jue. La coupure de l'isthme iuilucroit puis- samment sur les deux dernières routes que nous venons de tracer. CHAPITREXXVI. J ^'J ont rendu infructueuses les invasions d'un ennemi qui débarque inopinément sur les côtes orientales. En traitant cette question importante , je ne saurois m'ap- puyer d'un témoignage plus imposant que de celui du général Don José de Espeleta qui a été vice-roi de la Nouvelle-Grenade jusqu'en 1796. Ce militaire expérimenté, dans un mémoire manuscrit que je possède, et qui est adressé à son successeur, le vice-roi Don Pedro de Mendinueta ' , s'exprime ainsi sur la défense de l'isthme de Panama : « V. E. n'ignore pas que le roi , notre seigneur, a fait visiter ses vastes possessions d'Amérique par le brigadier Cramer. Cet ingé- nieur célèbre a pesé les dangers que nous courons encore et indiqué les for- tifications qu'il faut opposer à l'ennemi. L'isthme de Panama est un objet de la ])lus haute importance militaire que V. E. ne doit pas perdre de vue un seul instant. Cette importance est fondée sur sa configuration géographique et sur la proximité de la Mer du Sud. Il offre trois points de défense, vers le nord , Portobelo et le fortin de San Lorenzo de Cliagre ; vers le sud, la ville de Panama.
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NOTES. l57 individus de races malaye, mongole (tatare) et caucasienne que renferment les grandes collections de MM. Cuvier, Sômraering et Blumenbach. Pour avancer dans ce genre de recherches, si importantes pour l'his- toire de l'espèce humaine, l'attention doit être portée, ce me semble, sur trois points principaux; savoir : i''sur les comparaisons ostéologiques , qui ne peuvent se faire avec succès d'après des dessins, des descriptions, ou le simple témoignage des voyageurs. Il faut comparer les crânes des anciens hahitans ( de cette race que l'on croit éteinte), avec les crânes des différentes variétés de l'espèce humaine, et ne p.is oublier, dans cette comparaison, que, parmi les indigènes actuels du Nouveau-Continent, quelques tribus offrent aussi des variétés de conformation très-remarquables. Il suffit de citer , dans le nord , les Esquimaux- Tchougazes, dont les enfans naissent tout blancs; plus au sud, les Chepewyans , les Panis (Apaches) et les Sioux, trois peuples que, d'après leurs traditions et leur aspect, Mackenzie, Pike et Lewis considèrent comme venus d'Asie et comme fortement mongolisés [Mackenzie^ voy. Tora. I, p. 2/5, tom. III, p. 342; Pike, p. 274; Lewis et Clark, p. i46).
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mér. 9°à 11°), le nœud des montagnes de Loxa fut regardé comme la seule région d'où l'on pouvoit tirer l'écorce fébrifuge du Cinchona. Ce nœud occupe le vaste terrain entre Guancabamba , Ayavaca, Oiîa et les villes ruinées de Zamora et de Loyola, des 5° t aux 3° ^de latitude. Quelques sommets ( les Paramos d'Alpacbaca, de Saraguru, Savanilla, Gueringa, Chulucanas, Guamani, Yamoca que j'ai pu mesurer) s'élèvent de i58o à 1720 toises, mais ne se couvrent pas même spo- radiquement de neiges dont la chute n'a lieu, par cette latitude, qu'au-dessus et de 1860 et de 1900 toises de hauteur absolue. Vers l'est, en descendant au Rio de Santiago et au Rio de Cbamaya, deux aflluens de l'Amazone, les montagnes s'abaissent rapidement : elles n'ont plus, entre San-Felipe, Matara et Jaen de Bracamoros, que de 5oo à 3oo toises d'élévation.
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une suite de collines Indiquent peut-être une ancienne liaison de la Sierra Nevada de Santa Maria, d'un côté par V^lto de Las Minas ' (à l'ouest de la Laguna Zapatosa) afec les rochers phonolitiques et granitiques du Pefiou et de Banco * ; de l'autre, par la Sierra de Perija avec les montagnes de Chiliguana et d'Ocaiia, qui sont les contre-forts ^ du chaînon oriental des Andes de la Nouvelle-Grenade. Dans ce dernier chaînon , les espèces fébrifuges de quinquina {corollis hirsutis , staminibus incluais) qui avancent le plus au NE., sont celles de la Sierra Nevada de Merida*; mais de toute l'Amérique du Sud les vrais Cinchona les plus septentrionaux, se trouvent dans la région tempérée de la Sierra Nevada de Santa Marta.
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352 LIVRE X. à peu près de 1 200 toises , et déjà la baie se termine , entre l'arsenal et le Castillo de Atarès , dans un canal naturel , bordé de mangliers et de Cocolloba. Par ce moyen, la ville auroit , vers l'ouest , du côté de la terre, une triple rangée de fortifi- cations ; d'abord, extérieurement, les ouvrages d'Atarés et du Principe, placés sur des éminences , puis le fossé projeté , et enfin la muraille et l'ancien chemin couvert du comte de Santa Clara, qui a coûté ^00,000 piastres. La défense de la Havane , vers l'ouest , est de la plus haute importance : aussi long-temps que l'on reste maître de la ville propement dite et de la partie méridionale de la baie , le Morro et la Cahnha , dont l'un exige 800 , l'autre 2000 défenseurs , sont impre- nables , parce qu'on peut y porter les vivres de la Havane et compléter la garnison lorsqu'elle essuie des pertes considérables. Des ingénieurs franrois , très-instruits , m'ont assuré que l'ennemi doit commencer par prendre la ville pour bombarder la Cabaha , qui est une belle forteresse, mais dans laquelle la garnison , enfermée dans les casemates , ne résisteroit pas long-temps à l'insaliibrité du climat. Les Anglois ont pris le Morro sans être maîtres de la Havane , mais alors la Cahaha et le Fort n° 4 qui dominent le Morro n'existoient pas encore. Au sud et à l'occident (les CastLllos de Atarès y del Principe) et la batterie de Santa Clara sont les ouvrages les plus important.
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Les plus grands changemens qu'ont éprouvés les plantations de cannes à sucre et les ateliers des sucreries ont eu lieu depuis 1796 jusqu'en 1800. On commença d'abord à substituer des manèges à mulets {trapiches de m'ilas] aux manèges à bœufs [trapiches de bucyea); puis, dans les Guines, on introduisit les roues hydrau- liques (trapiches de agua) , dont les premiers conquistadores avoient déjà fa.'t usage à Saint-Domingue; enfin (à Ceibabo), on essaya, aux frais du comte de Jaruco y Mopox, l'action des pompes à feu [bombas de vapor). De ces dernières machines, il y en a aujourd'hui 25 dans les différentes sucreries de l'île de Cuba. La culture de la canne à sucre d'Otahiti devint en même temps plus commune. On introduisit les chaudières
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nom de cayman , l'autre par le nom de crocodile , ou , comme on dit com- munément en es[)agnol , de cocodrilo. Ils nous assurèrent que le dernier est plus agile et plus haut sur jambes; qu'il a le museau beaucoup plus pointu que les cajmans , et qu'il ne se mêle jamais avec eux. Il est très-courageux, et l'on prétend même qu'il grimpe dans les bateaux , lorsqu'il peut appuyer la queue. L'ex- trême hardiesse de cet animal avoit déjà été signalée dans les premières expéditions du gouverneur Diego Velasquez '. Le crocodile s'éloigne jusqu'à une lieue de distance du Rio Cauto et de la côte marécageuse de Xagua, pour dévorer les porcs dans l'intérieur des terres. On en voit de i5 pieds de long, et les plus méchans poursuivent (dit-on) un homme à cheval, comme font les loups en Europe, tandis que les animaux qu'on appelle exclusivement cayw^A?^ au Batabano sont si timides qu'on ne craint pas de se baigner dans les endroits où ils vivent par bandes. Ces mœurs et le nom de cocodrilo donné, à l'ile de Cuba, au plus dangereux des Sauriens carnassiers , me paroissoient inditpxer une espèce différente des grands animaux de l'Orénoque , du Rio INIogdalena et de Saint- Domingue.
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Partout ailleurs, sur le continent de l'Amérique esj)agnole, les colons , trompés par des récits exagérés sur la férocité des crocodiles d'Egypte , répètent qu'il n'y a de vrais crocodiles que dans le Nil, tandis que les zoologistes ont reconnu qu'il y a en Amérique à la fois des caymans ou alligalors à museau obtus et à jambes sans dentelures, et des crocodiles à museau pointu et à jambes dentelées; dans l'ancien continent, à la fois des crocodiles et des gavials. Le Crocodilus aciiius de Saint-Domingue , dont je ne saurois distin- guer jusqu'ici spécifiquement le crocodile des grandes rivières de l'Orénoque et du Magdalena , a même , pour me servir de l'expression de M. Cuvier ^ , une ressemblance si étonnante avec le crocodile du Nil, qu'il a fallu un examen minutieux de chaque partie pour prouver que la loi de Buffon , relative à la distribution des espèces entre les régions tropicales des deux continens , n'étoit pas en défaut. ' Herera, Hist. de Ind. occid., Dec. I, Ub. g, caf. 4, p a52-
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Les flancs étoien t tachetés de jaune. J'ai compté , comme dans tous les vrais crocodiles , 58 dents dans la mâ- choire supérieure, 3o dans la mâchoire inférieure. Parmi les premières, la lo* et la 9'; parmi les dernières , la i "^^ et la 4'^ étoient les plus grandes. La description que nous avons faite sur les lieux , M. Bonpland et moi , porte expressément que la 4" dent inférieure emùr-asse librement la mâchoire supérieure. Les extrémités postérieures étoient palmées. Ces crocodiles du Batabano nous paroissoient spécifiquement identiques avec le Crocodilus acutus : il est vrai que tout ce qu'on nous l'apportoit de leurs mœurs ne s'accordoit pas trop avec ce que nous avions observé nous-mêmes à l'Orénoquej mais les Sauriens carnassiers, d'une même espèce, sont plus doux et plus timides , ou plus féroces et plus courageux , dans une même rivière, selon la nature des localités^. L'animal qu'on appela Cûymrt/i au Batabano, mourut en chemin, et on avoit eu l'imprévoyance de ne pas nous l'apporter, de sorte que nous ne pûmes faire la comparaison des deuxespèces. Y auroit-il, danslesud de l'ile de Cuba, de véritables caymans à museau obtus, dont la 4" dent infé- rieure entre dans la mâchoire supérieure 5 des alligators semblables à ceux de la Floride ? Ce que les colons disent de la tête beaucoup plus alongée de leur
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cocodrilo del Batahano rend ce fait presque certain ' ; et , dans ce cas , par un heureux instinct, le peuple auroit distingué, dans cette ile, avec la même justesse, entre crocodile et cayman^ que le font aujourd'hui de savans zoolo- gistes en établissant des sous-genres qui portent les mêmes noms. Je ne doute pas que le crocodile à museau aigu et l'alligator ou cayman à museau de brochet ^ n'habitent à la fois , mais par bandes distinctes , les côtes marécageuses entre Xagua, le Surgidero du Batabano et l'Ile des Pinos. C'est dans cette dernière île que Dampier , aussi digne d'éloges comme physicien observateur que comme marin intrépide, a été frappé de la grande différence qpi'offrent les cay- mans et les crocodiles américains. Ce qu'il rapporte sur cet objet, dans son \oyage à la baie de Campêche, auroit pu, il y a plus d'un siècle, exciter la curiosité des savans, si les zoologistes ne rejetoient pas le plus souvent avec dédain tout ce que les navigateurs ou d'autres voyageurs , dépourvus de con- noissances scientifiques, ont observé sur les animaux. Aj)rès avoir donné plusieurs caractères , qui ne sont pas également exacts , pour distinguer les crvcodiles des caymans, Dampier insiste sur la distribution géographique de ces énormes Sauriens. « Dans la baie de Campêche , dit-il , je n'ai vu que des caymans ou alligators ,• à l'ile du Grand-Cayman , il y a des crocodiles et pas à' alligators ^ à l'ile des Pinos et dans les innombrables creeks et estèœs de la côte de Cuba, il y a des crocodiles et des caymans à la fois ^. « J'ajouterai à ces observations précieuses de Dampier, que le véritable crocodile ((?, acuius) se retrouve dans
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* Crocodilus acutus de Saint-Domingue, alligator lucius de la Floride et du Mississipi. ' Dampier'a, Foyageaand Descriptions (xSgg), Tom. II, P. i, p. 3o et 75. CHAPITRE XXVIII. 4^5 les Antilles sous le vent qui sont les plus rapprochés de la Terre-Ferme, par exemple à la Trinité , à la Marguerite , et vraisemblablement aussi , malgré le manque d'eau douce, à Curaçao '. Plus au sud, on l'observe (et sans que j'aie rencontré avec lui aucune de ces espèces d'alligators qui abondent sur les côtes de la Guyane') , dans le Neveri , le Rio Magdalena, l'Apure et l'Orénoque jusqu'au confluent du Cassiquiare avec le Rio Negro (lat. 2° 2') , par conséquent à plus de 4oo lieues de distance du Ratabano. Il seroit intéressant de constater ou se trouve, sur la côte orientale du Mexique et du Guatimala , entre le Mississipi et le Rio Chagre (dans l'isthme de Panama) , la limite des diverses espèces de Sauriens carnassiers.
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Le golfe du Ratabajio , bordé de côtes basses et marécageuses , se présentoit comme un vaste désert. Les oiseaux pêcheurs, qui généralement sont à leur poste avant que les petits oiseaux de terre et les paresseux zamuros -^ se réveil- lent, ne puroissoient qu'en petit nombre. L'eau de la mer étoit d'un brun- verdàtre , comme dans quelques lacs de la Suisse ; taudis que l'air, à cause de son extrême pureté , avoit , au moment où le soleil paroissoit sur l'horizon , cette teinte un peu froide, de bleu-pâle, qui frappe nos peintres de paysages à la même heure dans le midi de l'Italie, et sur laquelle les objets lointains se dé- tachent avec une vigueur remarquable. Notre goélette étoit le seul bâtiment dans le golfe ; car la rade du Ratabano n'est presque visitée que par des contreban- diers, ou, comme on dit plus poliment ici, par los tralanles. Nous avons rappelé plus haut, en parlant du canal projeté des Guines "*, combien le Ratabano pourroit devenir important pour les communications de l'île de Gul)a * Seha, p. civ, Cg. i-g. ■^ Alligator sclerops et Alligator palpelirosus. * Le Percnoptère de l'Amérique équinoxiale , V'ullur aura.
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Cette conformation extraordinaire du terrain a donné lieu , depuis un siècle , à des théories directement opposées sur la défense d'une place, qui, après la Havane et Portocabello , est la plus importante de la Terre-Ferme et des Antilles. Les ingé- nieurs ont été en contradiction relativement au choix de l'ouverture qui devoit être fermée , et ce n'est pas , comme on le dit dans })lusieurs ouvrages , après le débarquement de l'amiral Vernon, en 1741 ? que l'on a conçu pour la première fois l'idée de combler la Boca Grande. Les Anglois forcèrent la petite entrée, lorsqu'ils se rendirent maîtres de la l)aie : mais, ne pouvant prendre la ville de Carthagène , qui Ht une résistance valeureuse , ils détruisirent le Cnslillo Grande^ appelé aussi de Sanla-Criu ^ et les deux fortins de San Luis et San Jase qui défendoient la Boca Chica. Ces événemens firent une vive im- pression dans des régions dont les habitans étoient accoutumés à une paix non interrompue. La négligence avec laquelle se faisoit le service de la place de Car- thagène, en 1735 , étoit si grande * que « les sentinelles habitoient , sans être re-