Premodern Concordance

Citable passage

Les Époques de la Nature

Buffon. Les Époques de la Nature. 1778.

Tout dans le récit de Moïse est mis à la portée de l’intelligence du peuple ; tout y est représenté relativement à l’homme vulgaire, auquel il ne s’agissait pas de démontrer le vrai système du monde, mais qu’il suffisait d’instruire de ce qu’il devait au Créateur, en lui montrant les effets de sa toute-puissance comme autant de bienfaits : les vérités de la nature ne devaient paraître qu’avec le temps, et le souverain Être se les réservait comme le plus sûr moyen de rappeler l’homme à lui, lorsque sa foi, déclinant dans la suite des siècles, serait devenue chancelante ; lorsque éloigné de son origine, il pourrait l’oublier ; lorsque enfin trop accoutumé au spectacle de la nature, il n’en serait plus touché et viendrait à en méconnaître l’auteur. Il était donc nécessaire de raffermir de temps en temps, et même d’agrandir l’idée de Dieu dans l’esprit et dans le cœur de l’homme. Or, chaque découverte produit ce grand effet ; chaque nouveau pas que nous faisons dans la nature nous rapproche du Créateur.

Citation

Buffon. Les Époques de la Nature. 1778. Page 67. Premodern Concordance passage passage-eca21a9d8bf598a8ba59.

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