« Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. » L’acte de la séparation de la lumière d’avec les ténèbres est donc évidemment distinct et physiquement éloigné par un espace de temps de l’acte de sa production ; et ce temps, pendant lequel il plut à Dieu de la considérer pour voir qu’elle était bonne , c’est-à-dire utile à ses desseins ; ce temps, dis-je, appartient encore et doit s’ajouter à celui du chaos qui ne commença à se débrouiller que quand la lumière fut séparée des ténèbres. Voilà donc deux temps, voilà deux espaces de durée que le texte sacré nous force à reconnaître : le premier, entre la création de la matière en général et la production de la lumière ; le second, entre cette production de la lumière et sa séparation d’avec les ténèbres. Ainsi, loin de manquer à Dieu en donnant à la matière plus d’ancienneté qu’au monde tel qu’il est , c’est au contraire le respecter autant qu’il est en nous, en conformant notre intelligence à sa parole. En effet, la lumière qui éclaire nos âmes ne vient-elle pas de Dieu ?
Citable passage
Les Époques de la Nature
Buffon. Les Époques de la Nature. 1778.
Citation
Buffon. Les Époques de la Nature. 1778. Page 58. Premodern Concordance passage passage-da7c909806f54ec8f7e4.